Les responsables écologistes saluent un « texte vraiment très fort »

Il y a bien un sujet qui met les écologistes d’accords. Profondément divisés entre les partisans d’un retour au gouvernement et ceux qui n’en veulent pas, les dirigeants EELV approuvent en revanche l’encyclique sur l’environnement du pape François.

« Il est positif et important que le Pape se positionne sur ce sujet », se félicite le co-président du groupe écologiste à l’Assemblée François de Rugy (photo), saluant aussi le fait qu’une « autorité religieuse et morale se positionne » sur les enjeux environnementaux.

« Je suis très heureux qu’une telle autorité morale mette au premier plan la cause écologiste. C’est un pape visionnaire et stratège », se réjouit, lui aussi, le président du groupe écologiste au Sénat Jean-Vincent Placé. Début mai, dans une interview au Parisien, il voyait déjà dans le pape François « son héros écologiste ». Pour Nicolas Hulot, l’encyclique est « un renfort inespéré ». Selon l’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, ce texte « sacralise l’enjeu écologique et donne à l’écologie ses lettres de noblesse ». « Cette encyclique est un événement extrêment fort car on ne peut que se satisfaire de l’impact considérable de certaines voix dans le monde, comme celle du pape François », s’enthousiasme pour sa part un ex-responsable écologiste, Yann Wehrling. Aujourd’hui porte-parole du MoDem, il considère que « le texte dépasse les clivages et les Etats en s’adressant ainsi à des milliards de croyants ». 

Même l’aile gauche d’EELV est sur la même ligne que le Pape sur cette encyclique. « C’est un texte vraiment très fort », admet le porte-parole des écologistes Julien Bayou. Pour ce dernier, l’encyclique « rejoint les racines les plus profondes de l’écologie, avant la naissance du mouvement écologiste » dans les années 1970. « Cela équivaut à des années de lutte contre le lobbying, c’est le dernier coup porté sur le cercueil du climatoscepticisme », veut croire ce proche de l’ex-ministre Cécile Duflot, qui salue un texte « très spirituel » mais aussi « très politique ».

Chez les écologistes, tous reconnaissent l’impact de cette encyclique en faveur de l’environnement. « C’est un engagement dans la durée », estime François de Rugy, qui se démarque toutefois sur un sujet : le fait que les atteintes à l’environnement portent préjudice d’abord aux plus pauvres. « Le changement climatique frappe sans distinction, que l’on soit riche ou pauvre », souligne-t-il, estimant en outre que si cet « événement peut aider les écologistes à lutter contre la tentation du repli sur soi, ce sera parfait ». Pour Yann Wehrling, qui fut « parfois la risée des écolos bouffe-curés », « la résonance de cette encyclique ne peut qu’être positive dans les rangs écologistes, où l’on a souvent accusé l’Eglise d’être « absente » et « rétrogade » sur le sujet ».

 

Sources : Le Figaro, 19 juin 2015.

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