Spécialiste des questions climatiques, l’ancien ministre du développement Pascal Canfin, aujourd’hui conseiller pour le World resources institute, a décrypté pour La Croix les attentes sur l’encyclique du Pape François sur l’écologie attendue jeudi 18 juin.

« La Croix » : En quoi la publication de l’encyclique du pape François sur l’écologie pourra-t-elle aider à la conclusion d’un accord mondial sur le climat en décembre prochain à Paris ?

Pascal Canfin : Il est très important que les leaders religieux dans leur ensemble s’engagent sur la question climatique car dans de nombreux pays, notamment dans les pays en développement, la parole religieuse est très influente sur les leaders politiques. Dans les pays catholiques, la parole du Pape peut mobiliser la fibre morale de la population et des décideurs.

 Pourquoi l’attente autour de ce texte va-t-elle au-delà des seuls catholiques ?

P. C.: Le pape François est un pape considéré comme progressiste qui a une aura particulière parmi tous ceux qui défendent les sujets sociaux et environnementaux, qu’ils soient catholiques ou non. Sa parole dans ces domaines est attendue comme celle d’un allié, d’un soutien. Dans cette bataille culturelle qu’est aussi la lutte contre le changement climatique, la parole du pape est perçue par cette partie de la société qui est au front depuis des années comme un renfort de poids.

Comment l’encyclique aidera-t-elle les négociateurs  ?

P. C.: Toute la question est de savoir comment les décideurs politiques eux-mêmes vont se saisir de l’enjeu climatique. Or, un des moteurs de leur action est le sens de leur responsabilité historique. Que ce soit Angela Merkel, Barack Obama ou François Hollande, avoir œuvré à la conclusion d’un accord mondial sur le climat pourra être considéré, avec le recul, comme un élément majeur de leur mandat.

C’est un motif de mobilisation de l’action politique, de se situer au-delà des échéances de court terme. Le fait que le pape, véritable autorité morale, vienne sur ce terrain renforce cet enjeu de responsabilité historique.

On peut aussi imaginer que le Pape insiste sur la question de la justice climatique …

P. C.: Certainement. Le fait d’avoir placé son action sous l’angle de la justice l’amène nécessairement à parler du changement climatique. Car ce dernier frappe les pays les plus pauvres et les populations les plus fragiles dans les pays riches. Une des plus grandes injustices actuelles est que ce sont les plus démunis qui vont souffrir d’un phénomène dont ils sont les moins responsables ».

Recueilli par Emmanuelle Réju 

1 commentaire

  • Kaliste VENNUCZ

    Que pense Pascal Canfin de l’écologie humaine indiscossiable de l’écologie tout court ?

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